Cuisson propre : deux échelles, deux guichets, un même objectif
Publié le 19 octobre 2026
Le Fonds Arzikin Haské finance la cuisson propre par deux guichets distincts : l’un pour les acteurs industriels, l’autre pour les artisans et les groupements de femmes. Deux logiques différentes, une seule cible de 550 000 ménages.
Au Niger, la cuisson des repas repose encore très largement sur le bois de chauffe et le charbon. Changer cela suppose que des équipements de cuisson propre soient disponibles, abordables et réparables, partout et durablement.
Or ces équipements ne viennent pas d’un seul type d’acteur. Un kit GPL importé et distribué par une entreprise structurée, et un foyer amélioré fabriqué localement par un artisan, répondent au même besoin par deux chaînes de valeur entièrement différentes.
C’est pourquoi le Fonds Arzikin Haské consacre deux guichets distincts à la cuisson propre, et non un seul.
Emplacement d’image principale : photo mettant en regard un équipement industriel et un foyer artisanal, ou à défaut une image d’atelier de fabrication. Texte alternatif suggéré : « Équipements de cuisson propre et efficace au Niger ».
Le Guichet 3 : l’échelle industrielle et semi-industrielle
Le Guichet 3 s’adresse aux entreprises capables de commercialiser des solutions de cuisson propre à grande échelle : kits et équipements GPL, foyers améliorés à biomasse multi-marmites, réchauds électriques performants.
Son appel G3-A2, clôturé le 10 avril 2026, mobilisait des Subventions Catalytiques pour un montant total d’un million de dollars, avec des financements compris entre 50 000 et 250 000 dollars par bénéficiaire.
Le cofinancement exigé y est progressif : il augmente avec le montant sollicité, passant de 25 % à 35 % puis à 50 % selon la tranche. Plus l’entreprise demande, plus elle engage ses propres moyens. Ce principe garantit que le financement public accompagne un investissement privé réel, et non qu’il s’y substitue.
Ce guichet accorde par ailleurs une attention particulière aux ménages réfugiés et aux communautés hôtes, dont les besoins en solutions de cuisson sont parmi les moins bien couverts.
Le Guichet 4 : l’échelle artisanale et les biocombustibles
Le Guichet 4 s’adresse à des acteurs d’une tout autre nature : artisans, coopératives, groupements de femmes, petites unités de production locale.
Son appel G4-A1, clôturé le 17 avril 2026, portait sur un budget de 500 000 dollars, avec des financements compris entre 25 000 et 50 000 dollars par bénéficiaire, et un cofinancement ramené à 10 %, mobilisable en espèces ou en nature.
Le périmètre est également différent. Il couvre la fabrication locale de foyers améliorés, dont les modèles de type Albarka, ainsi que la production de briquettes et de biocombustibles à partir de résidus agricoles.
Autrement dit, ce guichet ne finance pas seulement la distribution d’équipements : il finance une filière de production nationale, avec les emplois locaux qu’elle suppose.
Pourquoi deux guichets plutôt qu’un
Réunir ces deux réalités dans un appel unique aurait mécaniquement écarté les plus petits acteurs.
Une coopérative de fabrication de foyers améliorés ne peut pas mobiliser un cofinancement de 50 %. Elle ne dispose pas des mêmes états financiers qu’une entreprise d’importation, ni de la même capacité à absorber un décaissement de 250 000 dollars. Mise en concurrence directe, elle perd systématiquement.
En séparant les guichets, le Fonds compare ce qui est comparable. Chaque catégorie d’acteur est évaluée selon des critères adaptés à sa taille et à son modèle, avec une enveloppe qui lui est réservée.
Le résultat est un dispositif qui finance simultanément l’entreprise qui importe et distribue des kits GPL dans plusieurs régions, et le groupement de femmes qui fabrique des foyers améliorés dans son atelier. Ces deux acteurs ne se remplacent pas : ils couvrent des besoins, des zones et des budgets de ménage différents.
Une même cible, deux chemins pour l’atteindre
Les deux guichets concourent à un objectif commun : faciliter l’accès à des solutions de cuisson propre et efficace pour 550 000 ménages nigériens.
Le Guichet 3 y contribue par le volume et la couverture géographique. Une entreprise structurée peut déployer un réseau de distribution dans plusieurs régions et écouler des milliers d’unités.
Le Guichet 4 y contribue par la proximité et l’accessibilité. Un foyer amélioré fabriqué localement coûte moins cher, se répare sur place, et n’exige aucune chaîne d’approvisionnement importée. Pour un ménage à faible revenu, c’est souvent la seule solution réellement accessible.
Ensemble, les deux volets représentent 6,5 millions de dollars de financement consacrés à la cuisson propre et efficace, au titre de la sous-composante 3.3 du Projet HASKE.
Ce que cela signifie pour les entreprises
Pour toute structure active dans la cuisson propre, la première question à se poser n’est pas « puis-je candidater », mais « à quel guichet est-ce que j’appartiens ».
1. Vous importez, assemblez ou distribuez à l’échelle industrielle ou semi-industrielle. Vos appels relèvent du Guichet 3. Anticipez un cofinancement significatif et croissant, et des exigences comparables à celles d’une entreprise structurée.
2. Vous fabriquez localement, ou vous produisez des biocombustibles. Vos appels relèvent du Guichet 4. Le cofinancement est réduit et peut être apporté en nature, mais la capacité de production et la qualité des produits restent évaluées.
Dans les deux cas, les conditions précises figurent dans le document de chaque appel, qui fait seul foi. Les appels sont publiés sur les canaux officiels du Projet HASKE, de l’ANERSOL et du Fonds Arzikin Haské.
Pour toute question : info@arzikinhaske.com, +227 76 08 37 15 ou +227 82 18 01 88.





